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Chapitre VI


Ils marchaient dans la forêt calme et fraîche, à travers les feuillus ayant perdu leur vêtement durant le linceul. La blancheur du brouillard donnait une sensation fantomatique, seules les aiguilles vertes des sapins tachetaient le paysage de couleurs. Les oiseaux gazouillaient, mais la nature se taisait dès lors que les cinq humains arrivaient en faisant craquer les branches et fuir les animaux.
Roueloïna chantonnait gaiement sans se soucier plus avant de l’étrange barrière qu’ils recherchaient. Tous les autres restaient sur leur garde, en particulier le chevalier et son écuyer qui, descendus de cheval, avançaient les mains en avant, faisant mine de saisir l’air de temps à autres.
-          Je ne comprends pas, intervint Sir Holric, je suis sûr qu’elle se trouvait là ! Cette arbre tordu était à quelque pas derrière elle, et voilà que je le touche. C’est insensé !
-          Alors que fait on ? demanda Marek.
Tous regardèrent Roueloïna attendant la suite des événements, même Naïa, qui ne cessait pas pour autant d’être de mauvaise humeur. La scientifique remarquant le manège, se contenta de faire la moue en déclarant d’une voix enfantine :
-          Mais j’en sais rien moi ! Voila que je dois me prononcer sur quelque chose qui n’existe pas ! Vous voudriez que je vous dise  pourquoi il y avait une barrière et pourquoi il n’y en a plus, sans même la voir ?! (A son grand malheur tous hochèrent à l’affirmative à sa question rhétorique). Vous croyez que je suis extra lucide, ou… (Marek et Vik’ semblèrent acquiescer cet aveu). Mais non, voyons ! Je suis une femme de science ! Evidemment j’utilise mon imagination et ma logique pour inventer mes théories et résoudre les énigmes, mais si je ne peux pas les confronter au monde il pourrait y a avoir une infinité de possibilités. Tout ce que je sais c’est qu’il y’avait une barrière de nature inconnu et qu’il n’y en a plus, elle a pu disparaître ou se déplacer ou je ne sais quoi encore !
Tout en accusant le coup de l’ignorance de Roueloïna, le groupe restait émerveillé. La fascination qu’ils avaient pour Roueloïna restait entière même quand celle-ci avouait ne pas avoir la réponse. Mais, la base de la sagesse n’est elle pas, déjà, de reconnaître ses limites ?
-          Nous pouvons vous décrire ce que la barrière nous a fait ressentir, cela pourrait il vous aider ? demanda le chevalier.
-          Ce serait déjà ça… admit Roueloïna.
 
***
 
Sir Holric et son compagnon décrivirent en détaille les sensations que leur avait procurées la promiscuité de la barrière : comme si une corde leur était attachée dans le dos. Non ! Plutôt comme s’ils avançaient dans une mélasse de plus en plus compacte. Finalement on aurait dit plus que… leur version changeait toutes les cinq minutes tandis que le groupe se dirigeait vers Sumis, de moins en moins convaincu de se retrouver nez à nez avec cette mystérieuse frontière.
La nuit arrivait, ils installèrent donc leur campement un peu avant l’orée de la forêt. Marek tournait déjà autour des sacs contenant la nourriture arguant qu’il « crevait littéralement la dalle ». Vik’ et son maitre plaidaient leur innocence auprès de la scientifique lui jurant qu’il y avait bien eu une barrière. Cette dernière marmonnait à tout bout champ des « oui je vous crois » en essayant de se débarrasser, d’un geste de la main, de ses malotrus qui l’empêchait de réfléchir convenablement.
Après avoir étrillé Opale, Naïa se mit à préparer le dîner sur le feu que Marek avait mit un temps fou à allumer. Incroyable, cet homme ne savait donc rien faire de ses dix doigts, enfin cinq puisqu’il avait toujours son bandage. Par contre sa bouche elle était bien entrainée :
-          Tu pourrais au moins m’aider à préparer le dîner, lui lança Naïa.
-          J’ai allumé le feu, et puis tu fais ça tellement bien. Un homme blessé (il montra son bras) ne ferait que te freiner. Tu serais presque bonne à marier, Renard, dommage que tu sentes si fort le cheval.
-          Au moins moi je peux me laver, rétorqua-t-elle, toi tu garderas ta tête toute ta vie.
Marek riait tandis que Naïa se renfrognait en se concentrant sur les racines qu’elle épluchait.
 
Durant le repas, chacun resta silencieux, même le chevalier de Richter ne dit mot – ce qui, croyait moi, tient du miracle. Tous avait vécu d’étranges choses ses derniers jours et plongé dans leurs pensées, se demandaient comment ils en étaient arrivé là.
 
***
 
Marek se sentait maintenant bien loin de sa vie d’antan. Enfant gâté, tout lui était dû sans efforts. Son père, trop occupé par son poste important au village, n’avait que peu de temps à lui consacrer et imaginait sûrement avoir un garçon courageux, aimé de tous, fort…et tant d’autres choses qui rendent les pères fiers de leurs enfants. Mais le paresseux Marek usait du paternel qui lui procurait tout ce dont il avait besoin, ou non d’ailleurs… Il obtenu Tornade très rapidement après sa demande sans rien en échange.
Enfant, Marek se vantait souvent mais, après quelques coups, il comprit vite que cela ne lui valait que des ennuis. Pourtant, il ne trouva pas d’autres manières de s’exprimer. Les autres étant de plus en plus méchant avec lui, il se vengeait en leur montrant tous ce qu’eux n’avaient pas, ce qui ne faisait qu’empirer le problème. On ne lui avait pas appris non plus à se défendre autrement.
Mais à quoi bon avoir tout si on n’avait personne avec qui le partager ? Il fut un temps, alors, où Marek s’intéressa aux filles. Il en connut quelques unes mais le plus souvent elles se servaient de lui afin d’obtenir de l’argents ou une position avantageuse au village. Une gentille fille avait aussi courtisé Marek, elle était belle et ne convoitait pas les biens du jeune homme. Mais celui-ci, malgré tous ses efforts, n’arriva pas à imaginer sa vie près d’elle. Il rêvait toujours d’aventure, avec de grands méchants à combattre et de jolies princesses à sauver. Pourtant sa vie ne ressemblait que peu à ses élucubrations…
C’est alors qu’il rencontra Renard. Cette femme était tous ce qu’il aurait voulu être : courageuse, débrouillarde, ténébreuse… Il l’admirait tout en ayant une certaine animosité envers elle. Renard n’aimait personnes, elle se plaignait sans cesse et ne faisait aucun effort pour rendre la vie agréable. De plus, elle débordait d’orgueil et de prétention ! Comme si elle était au dessus des autres. Du moins, les raisons de ses sentiments étaient elles plus justifiées pour Naël que pour le pompeux Sir Holric de Richter !
 
***
 
Sir Holric de Richter se sentait désorienté. Depuis plusieurs mois maintenant, il avait quitté le domaine de ses parents, le domaine où il avait grandit, où était né le désir de partir à la recherche de sa damoiselle en détresse. Et voila que maintenant il ne pouvait plus mener sa sainte mission pour Oushabrul à terme. Les dernières paroles de son père raisonnaient encore dans son esprit : «  Fils. Tu es un chevalier aujourd’hui, mais avant de reprendre mon domaine tu devras prendre une femme. Un homme de ta stature ne saurait se lier à une simple fermière. Soit le précepte du bon dieu des demoiselles en détresses retenues par un dragon ou deux. N’oublis jamais que tu es promis à un grand avenir… ». Holric ne pu se soustraire aux dernières volontés de son père, il laissa donc le domaine à sa bonne mère et parti en quête. Bien entendu il ne pouvait décemment pas aller en quête sans un écuyer, il engagea donc Vik’.
Le monde était plein d’aventures : les ours, les narsgals, les tavernes… le chevalier les connaissait aujourd’hui par cœur. Il aurait aussi pu connaître beaucoup de jeunes filles en ouvrant sa bourse pleine d’or. Ainsi que plusieurs fermières, belles comme l’aurore, qui l’auraient épousé, sans plus de protocole, juste pour l’avenir qu’il pouvait leur offrir. Mais Sir Holric tenait à exaucer les dernières volontés de feu son père, et détournait les yeux devant ces perverses facilités. Souvent, elles retombaient dans les bras de Vik’. Néanmoins, il n’avait d’yeux que pour son maître et, voulant en touts points lui ressembler, se refusait à toutes ses femmes.
Au bout de deux mois environs après leur départ, on leur avait fourni une carte  menant à une tour renfermant l’objet de convoitise, mais elle avait malheureusement disparut. Le chevalier alla donc consulter une voyante qui lui indiqua l’emplacement d’une grotte contenant quelque chose sensée le mener à son but. Et voilà qu’en fait elle l’avait jeté dans un piège l’éloignant inexorablement de la femme qu’il aimait déjà plus que tout, derrière une barrière qui n’existait pas…
Et puis zut de flute ! Il n’avait pas rêvé cette frontière, il prouverait aux autres que la folie ne le guettait pas. Il décida d’aller chercher cette barrière seul et s’il ne la trouvait pas alors tant mieux, cela voudrait dire qu’il pouvait repartir dans sa quête de l’âme sœur.
-          Roueloïna je vais à la recherche de ce qui nous a empêchés d’avancer. Et cette fois je reviendrais et vous décrirais exactement les sensations que j’aurais eues.
-          Hen hen… lui répondit elle sans remarquer qu’Holric partait déjà d’un pas décidé, en ayant arraché un branche au feu par là même.
 
***
 
Roueloïna se trouvait à la fois bouleversée et excitée. Rien ne lui était arrivé d’aussi enthousiasmant depuis des années ! En fait, rien ne lui était arrivé tout court depuis longtemps. Quand elle avait décidé de s’exiler dans cette forêt, elle n’imaginait pas qu’elle en sortirait de cette manière. Pourtant, plusieurs fois elle avait rêvé que sa famille ou ses amis venaient la chercher. Mais ce n’avait pas été le cas, devait elle leur en vouloir ? Leur en voudrait elle même s’il le fallait ? Elle n’en savait rien à vrai dire. Elle les avait tantôt si détester et ils lui avaient tellement manqué certaine nuits passées seule dans cette chaumière. Tout cela finissait aujourd’hui, et de quelle façon !
Jamais elle n’aurait cru se retrouver en face d’un tel phénomène. Des marques, un être divin et… une sorcière ! Oui, Naël ne pouvait être autre chose. Roueloïna en était persuadée. Les lectures secrètes de ses jeunes années lui en avaient beaucoup appris (même si trop peu à son goût) sur ses êtres aux pouvoirs insensés. La majorité de ses consœurs de l’époque les considéraient comme des légendes, au même titre que les fées, gnomes, loups-garous et autres créatures mythiques. Seulement les écrits étaient trop précis, trop scientifiques, ils contenaient quelque chose d’autre encore que la femme n’identifiait jamais malgré ses relectures nombreuses et assidues, mais qui avait fini de la convaincre.
Son attention se reporta une nouvelle fois sur la barrière et les raisons de son inexistence. Pour espérer comprendre, il fallait indubitablement remettre les faits dans le bon ordre. D’abord, elle avait réintégré son corps quand Naël avait vu son paradoxe dans les bois. La jeune femme lui amenait un homme endormi dont elle n’avait rien pu faire pour le réveiller. Roueloïna remarquait assez rapidement la marque sur Marek, supposant qu’elle était apparue lors de son contact avec la boule, idem pour Sir Holric. Mais Vik’ et elle ne l’avait pas touché. Une quelconque énergie se transférait donc sans contact. Mais à partir de quoi ? La sphère ? Et que faire du cas de Naël qui ne portait pas de marque ? Sa nature sorcière lui conférait elle une quelconque protection ? Le fait qu’un être lumineux était apparu semblait encore plus mystérieux pour Roueloïna. Qu’est ce qui l’avait attiré : les marques ou Naël ? Et puis, enfin, venait cette frontière intouchable…
La scientifique n’en pouvait plus de tourner en rond. Même avec la plus grande logique, elle se voyait dans l’impossibilité de s’en sortir ! Marque, sorcière, créature de lumière, barrière… Barrière, créature de lumière, sorcière, marque… Sorcière, marques, barrière, créature de lumière… Mais c’est bien sûr ! Roueloïna se leva en sautillant et poussant des petits cris de joie aigus. Elle s’en voulue d’avoir négligé une solution pourtant simple. Et si elle ne se trompait pas, ils devraient bientôt tous revoir quelqu’un.
 
***
 
Tol tournait en rond depuis des heures ! La nuit enveloppait tout, et il n’avait aucun moyen de voir où il mettait les pieds. Mais peut importe, il n’abandonnerait pas. Il ne plierait pas devant cet espèce de chose ou de phénomène ou il ne savait trop quoi, qu’il l’empêchait d’avancer à sa guise. A force de ténacité la réussite fut au rendez vous et il pu avancer de quelques kilomètres. Mais de nouveau, comme ce matin, il se retrouvait bloqué. Impossible d’avancer ! Simplement de tourner en rond. Ceci le mettait de plus en plus dans une colère monstre. Jamais personne, ni quoi que ce soit, s’était interposé sur son chemin depuis un long moment, et il ne laissait rien lui barrer la route !
C’être fait avoir par l’autre espèce de rouquine sur le marché, fut déjà assez contraignant comme ça, sans qu’en plus, quelque heure après avoir recroisé sont chemin, il se retrouve bloqué. Tout venait de cette femme ! Qui disait qu’elle ne lui avait pas jeté un sort ? Tol ne croyait pas en la magie ou autres sottises du même genre. Il avait vu le feu et la lumière, mais après des jours de marches il en avait conclu être très fatigué. Cependant, la disparition du corps le rendait perplexe et prêt à croire que cette horrible femme était la cause de ses tourments.
Le fait de ne pas pouvoir avancer l’agaçait de plus en plus. Du travail l’attendais non de non ! Être un chasseur de tête n’était pas de tout repos et cela demandait d’être rapide. Depuis quatre jours il suivait la trace de sa cible et voilà qu’il en perdait un ! Il était connu pour son professionnalisme et son efficacité, auprès de nombreuse personnes qui l’employait, et il ne voulait en aucun cas faillir à sa réputation. La plus part du temps, c’était le Regaï lui même qui lui fournissait ses contrats. Quand les chevaliers mollassons n’arrivaient pas à faire leur boulot, ils éditaient des primes rondelettes à qui leur apporterait la tête des malfaiteurs. Tol possédait des contacts très utiles pour avoir l’information avant les autres. Mais maintenant il avait perdu cette avance pour le contrat qu’il envisageait. Il hésitait à laisser cette affaire de coté, car c’est certain il arriverait en même temps qu’un autre chasseur, et il n’aimait pas se disputer les restes. Il devrait alors rapidement aller en ville pour rencontrer l’un de ses fameux contacts, Sumis ferait très bien l’affaire. Mais pour arriver à ses fins, faudrait il déjà qu’il puisse avancer.
Une lumière apparu alors, Tol plissa les yeux pour identifier qui l’approchait.
-          Ah, Vik’ ça y’est ! je le savais que je n’avais pas rêvé.
-          Je le savais aussi Sir, répondit ce dernier.
 
***
 
Vik’ était un jeune garçon d’une petite quinzaine d’année. Sir Holric De Richter l’avait engagé comme écuyer dans sa quête sacré pour Ouhsabrul. Le chevalier était un homme bon qui avait remplacé les bras de Vik’ à la ferme de ses parents par une somme plus que généreuse. Ceux-ci avait révéler une grande joie au fait que Vik’ serait le serviteur d’un futur héros. Le soir même après le départ de leur fils, cadet de 6 autres, ils firent d’ailleurs un diné somptueux. La gaieté de ses parents avait mi du baume au cœur au jeune Vik’ ayant toujours cru que ceux-ci le prenait pour un bon a rien. C’est vrai qu’il avait fait quelques bêtises, comme semer les mauvaises graines, laisser s’échapper les cochons, vendre une vache pour un poigné de haricots… mais le pauvre garçon faisait de son mieux. Ses grands frères eux étaient tellement doués : un forgerons, un maître du commerce, un possédant une force Zerculéenne et bien sur tous marier à de merveilleuse femme avec de beaux enfants.
Lui même n’était pas très gracieux, mais Sir De Richter ne se préoccupait pas de l’aspect des gens, avait il dit un jour, c’est la beauté intérieur qui compte. Le chevalier faisait preuve d’une grande sagesse, mais tout de même Vik’ avait déjà vu l’intérieur d’un cochon mort laissé à l’abandon, et si c’était pareil à l’intérieur de lui alors il ne se trouvait beau ni de l’extérieur, ni de l’intérieur…
 
***
 
Au campement, Naïa et Marek s’apprêtaient à se coucher, tandis que Roueloïna attendait le retour du chevalier De Richter.
-          Ah les voilà ! la scientifique sauta sur ses pieds et alla à la rencontre des deux hommes. Cependant elle cherchait autre chose. C’est alors qu’apparut derrière eux une ombre gigantesque.
-          Tolendrin ! Je vous attendais.
-          Ah ? exhorta-t-il comme seul réponse. Le visage fermé trahissait la très mauvaise humeur du guerrier. Celui-ci n’avait aucune envie d’être ici et il n’avait aucune envie, non plus, de s’en cacher.
-          Vous aussi vous avez été confronté à cette barrière ? demanda Roueloïna, sachant pertinemment la réponse.
-          Comment le savez-vous ? s’exclama Vik’ ébahi, se demandant si cette femme avait elle aussi des pouvoirs surnaturels.
Tol alla s’asseoir près du feu croisant les bras, il sentait qu’il n’allait pas du tout aimer la suite de la conversation. Il décida déjà qu’il n’interviendrait pas.
-          Vous avez enfin trouvé la solution ?! fit Vik’ n’en pouvant plus.
-          Une explication oui, une solution je ne sais pas…
Tous regardaient Roueloïna attendant la fameuse révélation, mais la femme n’avait pas l’air de se rendre compte de la tension qu’elle avait créé. Naïa suivait la conversation de loin, adossée à un arbre dans un coin d’ombre, elle jetait régulièrement des regards amers vers Tolendrin qui les lui rendait bien.
-          Bon ! fit-il. Je n’ai pas que ça à faire ! Dépêchez vous de nous balancer votre formidable explication.
La scientifique sursauta à cette intervention. Elle avait déjà pratiquement oublié qu’elle voulait dire quelque chose.
-          Ah oui pardon. Pouvez-vous hottez votre chemise ?
-          Vous rigolé ! objecta le guerrier.
-          Non pas du tout, répondit Roueloïna avec tout le sérieux du monde. Il faut que je vérifie quelque chose.
Tol hésita le front plissé en grande réflexion, puis déboutonna son vêtement.
-          Vous savez combien de femme ont payé pour voir ça ? fit il laconiquement.
Naïa eu un rire contenu qui lui valu un énième regard brûlant de Tol. Celui-ci reporta son attention sur la femme de science et lui jeta la chemise à ses pieds.
-          Heureuse ?
-          Oui parce que mon raisonnement est juste, non parce que vous n’allez pas être contant. Aviez-vous remarqué cette marque ?
Le guerrier baissa les yeux là où pointait le doigt de Roueloïna. Il remarqua alors une étrange brulure en spiral, il souleva un sourcil en signe d’étonnement. Roueloïna elle était plus sidérée par le nombre de cicatrices qui s’étalais sur le torse de l’homme, elle en restât bouche bée et en oubliait encore son explication. Le visage dur de Tol la fixant d’un regard noir les lèvres pincées, la ramena à la réalité.
-          Oui, mmh… Donc voilà, cette marque nous l’avons tous. Tous, sauf Naël.
Tol tourna la tête vers le coin sombre. Les autres, même si déjà au courant de ces faits, étaient pendus aux paroles de la scientifique.
-          D’une manière ou d’une autre nous avons été « contaminés » par quelque chose. Cette chose, j’y mettrais ma main à couper, est lié à Naël.
Le chevalier de Richter, Vik’ et Marek avait un air admiratif à la fois envers Naël et Roueloïna. Personne n’avait osé reparler des événements de la matinée. Manifestement Naël ne les avait toujours pas acceptés, et personne ne voulait se confronter à cette jeune femme de très mauvaise humeur. Celle-ci se tassa un peu plus sur l’arbre, elle ne semblait pas plus contant que Tol de son sort.
-          Je savais que cette fille ne m’apporterait que des ennuis, pesta ce dernier.
-          Naël n’y est pour rien, la défendit Sir Holric.
-          Oui j’imagine que « Naël » n’y est pour rien.
Déstabilisé par cette réponse, le chevalier ce rassit. Roueloïna en profita pour conclure son explication.
-          Cette chose donc, nous lie à Naël, à travers les marques que nous avons. Et cette barrière qui bouge n’est en fait pas vraiment une barrière. Je dirais plutôt qu’une espèce de fil paradoxale nous empêche d’avancer, car accroché à Naël.
-          Impossible ! firent en cœur Naïa et Tol.
-          Renard, il faut que tu arrête de prendre tout le monde pour tes petits chiens ! se moqua Marek que la situation ne dérangeait pas plus que ça.
Tol fut très amusé tandis que Naïa se contentait encore de communiquer sa colère par ses seuls yeux.
-          Roueloïna, fit Naïa, j’ai beaucoup de respect pour vos compétences en matière de fixe, para-truc, particule et tous vos autres machins, mais là je n’arrive pas à vous croire. Comment pourrais-je vous retenir sans même en avoir conscience ?
-          Qui dit que vous ne le fait pas de votre propre initiative ? l’accusa Tol.
Pour éviter une effusion de sang, Roueloïna  décida d’intervenir.
-          Nous pouvons prouver facilement ce que j’avance. Mais si vous le voulez bien cela attendra demain matin.
 
***
 
Dès les premières lueurs de l’aube, Tol réveilla tout le monde pressé de vérifier les dires de Roueloïna. Il n’avait presque pas fermé l’œil de la nuit n’ayant pas l’habitude de dormir avec d’autres personnes, à vrai dire il avait toujours passé ses nuits à la belle étoile, seul. Les quelques hommes qui pouvaient se venter d’avoir partagé ses nuits était les rares têtes qu’on lui demandait de ramener avec le corps vivant.
Après quelques contestations molles des autres qu’il avait tirés du sommeil Roueloïna consenti tout de même à se lever et expliquer son expérience. Quelques minutes suffirent pour la mettre en place. Ils partaient déjà tous dans des directions différentes laissant Naïa seul au camp. Après avoir compté jusqu’à mille la jeune femme se déplaça d’une centaine de mètres à droite. Et s’assit en attendant le retour des autres.
Naïa mâchonnait un bout de viande sécher quand Tol revint en maudissant toutes les branche, arbre, feuilles qui lui barraient le chemin. Quand il fut proche de Naïa il la saisi par le col :
-          Si je découvre que tu as manigancé tout ça, je te ferai regretter amèrement ton acte. Et si ce problème n’est pas vite réglé je te ferais regretter d’en avoir été la cause !
Sur ce, il lui arracha son bout de viande pour la fourré dans sa bouche et s’asseoir lourdement près du feu. Naïa lui lança un regard acerbe.
-          Si tu savais combien la situation me déplaît également…
Tol se contenta de répondre par un grognement les yeux au loin.
Quelque instants plus tard, Marek, Vik’ et Holric revinrent également. Roueloïna se fit un peu attendre et arriva en sautillant guillerètement entre les branches.
-          Ah quelle belle journée vous ne trouver pas ?
Tous la fixaient ébahi. Marek fut le seul à répondre oui, le Sir de Richter et Vik’ s’échangèrent un regard entendu, tandis que Tolendrin et Naïa assassinait littéralement Roueloïna du leurs.
-          Ok, fit Tol. Nous somme tous relier à Naïa par on ne sait quel pouvoir pour on ne sait quelle raison. Maintenant la question est : Comment on se débarrasse de cette laisse ?
-          Bah… je ne sais pas ! répondit Roueloïna innocemment surprise qu’on la croit capable de répondre.
Devant les prunelles pleines de rage du guerrier, la scientifique s’empressa d’ajouter :
-          Comme je l’ai déjà évoqué, la meilleure des solutions c’est d’aller à Misoto consulté la bibliothèque des Savoirs Prohibés. Je pense qu’on a une chance de trouver des réponses là-bas, si les Syra’niam nous y autorise.
Tol pinça ses lèvres et poussa un gros soupir.
-          Et j’imagine que toute cette marmaille doit aussi aller à Misoto ? demanda-t-il résigné.
-          Nous somme aussi rattaché à Naël, répondit naïvement Vik’.
Le guerrier se leva et donnant un coup de pied rageur dans un caillou.
-          Je vous préviens, je n’ai pas que ça à faire ! On va fissa à Misoto, l’autre folle me libère, et je suis de retour ici avant une semaine. C’est bien compris ?
Il n’attendit pas de réponse avant d’aller rassembler ses affaires pour partir. Les autres le regardaient interdits.
-          C’est moi la folle ? questionna Roueloïna boudeuse.
-          N’écouter pas ces vilénies. Lui dit le chevalier de Richter en l’entraînant gentiment pour qu’elle prépare son sac.
-          Par Griouk ! mais c’est pas vrai ! Pourquoi fallait que ça m’arrive à moi ?! Je savais que cette garce ne m’apporterait que des problèmes. S’exclama le guerrier pour lui-même.
Naïa voulu répondre aux jurons que pestait Tol en fermant son sac, mais Marek la reteint en lui posant la main sur l’épaule, dans un geste qui voulais dire quelque chose du genre :  « tu vaux mieux que ça ». Demain ils seraient à Sumis, allait on la reconnaître ? Non, vraiment elle ne valait pas mieux.
 
***
 
Après une demis journée de marche, le groupe avaient fait halte dans une petite bourgade pour acheter des chevaux à Roueloïna et Tolendrin. Ce dernier mit en temps incroyable à choisir le sien. Il pesta longuement contre le propriétaire qui osait vendre de tels vieux boucs à un prix pareil. Il n’avait pas l’habitude de s’attacher aux bêtes car il s’en séparait régulièrement pour garder une certaine liberté d’action, obligatoire dans son travail. Mais rien n’était plus important à ces yeux que d’avoir un animal solide sur lequel on pouvait compter en cas de problèmes. Quand son choix se portât enfin sur un vieil étalon robuste, tout le monde souffla son soulagement.
 
L’après midi de voyage sur une grande route en direction de Sumis se déroulait dans le calme : Roueloïna conversait joyeusement avec Sir Holric de Richter qui se découvrait un passion pour la science des particules. Tol et Naïa, eux, ne desserraient pas les lèvres et leurs visages n’invitaient pas à la discussion. Pourtant cela ne découragea pas Marek, qui s’ennuyait déjà de s’entendre parler de fixe et de particules paradoxal depuis plusieurs kilomètres.
-          Alors Renard, ça fait quoi d’être une sorcière ?
-          Alors Marek, ça fait quoi d’être un idiot ?
-          Rien de spécial, c’est pas comme d’avoir des pouvoirs. Moi je peux pas retenir les gens en laisse. Je n’ai pas tes capacités surnaturelles.
-          Je te rassure, ta capacité d’agacement est tout à fait surnaturelle.
Marek sourit une nouvelle fois à la pique de la jeune femme, il ne se laissa pas démonter pour autant :
-          Je t’avais dis que nous allions vivre de grandes aventures ! Tu vas voir comme ça va être génial ! On va combattre des méchants, défendre la veuve et l’orphelin et devenir des héros !
-          Marek, la vie n’est pas un jeu d’enfant. Quand tu étais petit je suis sûre que tu as pourfendu des tas d’arbres tyrans avec ton épée en bois, mais aujourd’hui c’est différent. La vraie bataille on ne la mène pas avec une épée rouillée et une imagination débordante. Apprend à te battre et tu verras que l’aventure n’a rien d’extraordinaire ou de palpitant, l’aventure c’est prendre des coups et perdre des êtres chères.
L’homme vit son enthousiasme douché par cette réponse. Il déplorait le pessimisme de la jeune femme. Elle était si amer, si en colère. Il voulait faire quelque chose pour elle, sauf qu’elle n’inspirait pas la sympathie, et il se dit alors que si elle avait envie d’être malheureuse personne ne pourrait rien y faire. Cependant, il n’avait pas grand-chose à perdre en essayant. Il voulu donc changer de sujet en remarquant le foulard dont s’était affublé Naël depuis le matin :
-          Tu sais Renard, je trouve que se couvre chef ne te met pas en valeur. Déjà que la nature t’as pas gâtée si tu cache la seule chose qui fait de toi un renard, c’est peine perdue.
-          Marek, s’il te plaie, laisse moi tranquille.
-          D’accord.
Naïa regarda l’intéressé en haussant les sourcils, surprise d’obtenir satisfaction. Elle reporta donc son attention sur la route, après quelques instants. C’est alors que le fourbe s’empara du foulard pour partir au galop à l’avant du groupe.
-          Marek ! rend moi ça tout de suite !
Ce dernier tournait autour de sa victime en gloussant de plus en plus fort. Naïa essayait vainement de rattraper son bien. La tension montait en elle ainsi que les larmes de colère… et de peur. N’y pouvant plus, et voyant que rien ne fonctionnait avec un imbécile pareil, elle s’empara d’une casserole pour la jeter sur l’épaule blessée de Marek. Celui-ci lâcha alors le bout de tissu qu’il tenait dans la main.
Naïa descendit d’Opale pour récupérer son foulard et le projectile sous les yeux pleins de stupeur de Marek.
-          Non mais ça va pas ?! s’exclama-t-il. Mon épaule n’est pas encore complètement guérie, tu aurais pu…
-          Te faire mal ? fini Naïa. C’était le but recherché. Ecoute moi bien espèce de fils à papa, moi je ne suis ni ta mère ni ton amie. Si tu recommence des trucs dans ce genre je te promets que lien ou pas je ferais en sorte de ne plus t’avoir dans les pattes !
Sur cette déclaration elle remonta en selle et alla se placer en tête de colonne, sous l’attention de tous. Tol rit dans sa barbe et félicita Marek d’un clin d’œil.
Après cet incident, une personne de plus boudait. Le reste du voyage promettait d’être des plus agréables.
 
***
 
Le soir ils s’installèrent à l’abri du vent qui commençait à se lever. Roueloïna alluma un petit feu et s’activa à faire le dîné. Pendant ce temps là, chacun s’occupait du débourrage des chevaux. Quand ce fut fini Holric et Vik’ se lancèrent dans une séance d’entraînement à l’épée, tandis que les trois autres allèrent faire la tête dans un coin. Toutefois, il semblait que Tol s’amusait de la situation entre Naïa et Marek.
Naïa était fatiguée. Elle avait été a cran toute la journée et ne pardonnait pas le geste de Marek. Elle ne supportait plus tout ce monde autour d’elle, comme elle aurait voulu être seule. Sa hâte d’arriver en Nashabu grandissait d’instant en instant. Elle ne savait pas ce qu’elle ferait après s’être débarrassée de ces gens, mais peut importe finalement. Peut être resterait elle près de Misoto… Naïa ferma les yeux et se laissa bercer par le chant des feuilles agitées par la brise. Quand elle les rouvrit ce fut pour voir Marek complètement dépité adossé à un arbre et Tol, un sourire carnassier aux lèvres, la regardant. Celui-ci jeta un coup d’œil à Marek et lança :
-          Eh, faut pas se mettre dans un état pareil. Cette fille c’est une vraie mégère !
Marek releva la tête mais ne fit pas de commentaires. C’est vrai, que Naïa avait peut être été trop dur avec lui. Ce n’était pas de sa faut après tout. Ok Marek était un grand gamin, mais pas méchant. La jeune femme se leva alors, passa devant le guerrier pour tendre la main à Marek.
-          Aller, je suis désolée. Tu me pardonnes ?
L’homme sourit immédiatement et pris la main pour se relever.
-          Aucun problème, Renard. Des fois c’est vrai qu’il m’arrive d’être un peu lourd.
-          Des fois ? Un peu ? s’étrangla Naïa.
-          Eh ! t’es pas marante non plus faut dire ! rétorqua Marek. Mmmh… je sens que Roueloïna est aussi bonne cuisinière que toi. Allons manger !
 
***
 
Le groupe arriva à Sumis en début d’après midi. Un vent incroyable chargé d’iode soufflait en direction du sud, et le ciel était lourd de pluie. L’atmosphère grise semblait tout étouffer, il n’y avait bien que Roueloïna et Sir Holric pour garder un semblant de gaieté par un temps pareil.
La femme de science et le chevalier se proposèrent pour aller leur trouver un bateau, tandis que Tol s’éclipsa prétextant quelques affaires urgentes. Ne resta donc plus que Marek et Naïa pour garder les chevaux.
La vie battait son plein dans une grande ville telle que Sumis. Elle possédait l’un des plus grands ports du Regaï, et était la plus grosse plaque tournante du royaume. Les bâtiments en pierre haut de trois à quatre étages donnaient une impression d’écrasement à Naïa. De plus, les chevaliers du Regaï à quelques mètres près de la porte de la ville n’étaient pas pour la rassurer. N’y tenant plus elle laissa Marek pour aller faire un tour quelques rues plus loin.
Elle y découvrit boutiques et étales en tout genre. Loin d’être aussi grand que le fameux marché de Xoak, il n’avait rien à lui jalousé en ce qui concernait la diversité des produits proposés. Naïa se baladait d’échoppes en échoppes laissant vagabonder ses mains et son esprit. Qu’il était bon de souffler un peu.
 
***
 
Tolendrin entra dans l’auberge puante, il se dirigea directement vers le tenancier et sans lui dire bonjour commandant une bonne peinte de bière.
-          Eh Tol ! Quel bon vent t’amène ? demanda l’aubergiste à la grosse barbe pleine de miettes et au sourire hypocrite.
-          Rien de bon tu peux me croire, répondit Tol en buvant d’un trait sa boisson.
Il en commanda directement une autre, avec le pichet cette fois, et alla s’installer sur la table du fond, comme à son habitude.
Il n’aimait pas vraiment cet endroit qui sentait la charogne et le poisson pas frais, mais ces contactes en étaient, en général, friant. Celui qu’il attendait ne devrait pas tarder. Tous les jours le bougre venait traîner ses godillots dans les environs pour vendre ses services à qui le paierait assez.
Après quelques bières tièdes Farjik se montra enfin. Repérant le guerrier il vint s’asseoir à sa table et servit un verre direct dans son pichet.
-          S’lut.
-          Je viens aux nouvelles.
-          Pas grand-chose s’temps ci.
Tol serra les lèvres, il s’y attendait. Et puis, de toutes façons, comment aurait-il pût se mettre en chasse avec le tas de morveux qu’il devait suivre.
-          Mouais, fit il en vidant sa choppe.
-          Ah si ! y’a ptêtre un truc. Mais bon ça fait d’jà quelques jours qu’y ont éditée c’te prime.
Il sortie une affiche avec le sceau du royaume et l’étala sur la table. Tol ouvrit les yeux ronds.
-          Bah c’est tout c’que j’ai.
-          Voilà pourquoi elle n’a pas dit son vrai nom ! Je vais m’en faire un réel plaisir…
Tol se leva et jeta une pièce à Farjik. Avant de partir il se souvint de sa deuxième demande :
-          Et l’homme d’Ombre ?
-          T’jours rien. Tu d’vrais ptêtre l’oublier c’iu là depuis le temps.
-          Occupe-toi de tes fesses, lui lança Tol avant de sortir en courant.
Farjik haussa les épaules et reporta son attention sur sa bière. Cet homme avait vraiment un grain !
 
***
 
Naïa flânait encore entre les divers commerçants. Elle se trouvait maintenant sur une petite place où se faisait une vente d’animaux à la crier. Tandis qu’elle s’apprêtait à faire demis tour, une petite chèvre échappa à la surveillance de son maître et accouru vers elle.
Naïa s’accroupi alors pour caresser l’animal. La chèvre lui donna des coups de langue et grimpa sur ses genoux, elle s’évertua alors à vouloir manger le foulard de Naïa. Au bout d’un petit instant, la chèvre redescendit et fixa la jeune femme de ses pupilles rectangulaires, mâchant goulûment le tissu vert. Cette vision fit sourire Naïa qui se rappelait la fois où une chèvre avait essayé de manger une des robes vertes que vendait sa sœur. Himé lui manquait beaucoup. Sa petite sœur qui aujourd’hui ne pouvait pas voir cette petite chèvre et rire avec Naïa de leurs souvenirs communs. Jamais elle ne se pardonnera d’avoir laisser la jeune fille seule. Seule face à ses bourreaux.
La jeune femme sursauta d’un coup. Le foulard ! Il fallait qu’elle remette le foulard sur ses cheveux. Elle voulu l’arracher de la bouche de l’animal mais celui-ci, surpris par le geste brusque, s’enfuit en bêlant. Naïa se mit alors à courir pour le rattraper, évitant les badauds par de petits pas rapides. Le vent faisait voler ses cheveux. La chèvre s’arrêta alors en lâchant le tissu qui s’envola aussi. Naïa faillit partir à sa suite mais vit les chevaliers du Regaï la regardant déjà avec insistance. Après quelques secondes d’hésitation elle se dirigea, le plus calmement possible, vers la direction opposée. Il fallait qu’elle retourne près des chevaux sans attirer l’attention. Elle devrait pouvoir y arriver.
Voyant que les chevaliers ne la suivaient pas, elle se détendit un peu et accéléra le pas. C’est alors que Tolendrin surgi à sa droite :
-          Toi ! la héla-t-il le doigt tendu. Sale petite garce, je dois t’apprendre que j’ai une très bonne mémoire des visages et des noms : Naïa Sendo de Xoak !
La jeune femme n’attendit même pas la fin de la phrase pour s’enfuir dans le sens inverse. Malheureusement se sens là la menait directement vers les chevaliers qui couraient déjà à sa rencontre. Tol lui barrait la route de derrière et à droite d’autres chevaliers approchaient déjà. A gauche un immeuble. Les distances diminuaient inexorablement. Naïa ne pouvait rien faire. Elle ne pouvait pas fuir. Elle ne pouvait pas se défendre.
Elle s’était déjà mise à genoux avant que les Regaïens lui sautent dessus et la ligote. A quoi bon fuir ou se défendre puisqu’elle était coupable…
 
 
 
FIN DU CHAPITRE 6
 

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