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Chapitre V


L’aube se levait peu à peu dans la forêt Sylvine, la journée s’annonçait belle même si le froid ne comptait s’en aller de si tôt. Les feuilles filtraient agréablement le soleil faisant danser de petites taches dorées sur le sol. A quelques pas de là se trouvait une chaumière étrange formée de coquillages et d’autres matériaux tout à fait incongrus pour les murs d’une maison. A l’intérieur des personnes étaient très loin du calme paisible de la nature.
 
Tandis que Roueloïna s’était accroupie avec son appendice manuel dans la bouche, Naïa restait sans bouger sur le corps inanimé de Marek.
-          Je ne comprends pas ! marmonna la scientifique. Je suis certaine qu’il a emmagasiné trop d’énergie paradoxale. Et c’est, à l’évidence, la boule lumineuse qui… oui mais en même temps elle n’est plus lumineuse. Se tournant vers le chevalier : Vous êtes sûr que c’est le bon artefact ?
-          Je l’ai reconnue, expliqua Naïa. Il m’a dit qu’elle avait été lumineuse avant qu’il ne la touche…
-          Ensuite elle c’est éteinte mais heureusement Vik’ avait une torche, expliqua le chevalier.
Roueloïna n’écoutait déjà plus, elle regardait la sphère avec intérêt, elle tourna un peu autour en penchant la tête à gauche et à droite, puis finalement elle la prit dans les mains.
-          Mais ce n’est qu’une sphère de verre sans particularité ! s’exclama-t-elle.
-          Quoi ?! fit Naïa toujours à califourchon sur le malade. Je vous promets qu’elle était lumineuse ! Elle dégageait une étrange aura, et… elle…
-          Oui, j’imagine que « c’était » un artefact contenant une grande énergie paradoxale. Mais ce n’est plus le cas. Cet objet ne nous sert plus à rien.
-          Alors je suis allée le chercher inutilement ? commenta Naïa d’une voix désespérée.
-          J’en suis désolée…
Tout en soufflant d’agacement, Naïa desserra son étreinte sur le torse de Marek et se redressa. Chacun réfléchit dans son coin, aux possibilités pour réveiller le jeune homme. C’est alors que celui-ci ouvrit les yeux, dévisagea Naïa assise sur lui.
-          Tu sais Renard, quand un homme dit non c’est non.
La rouquine, qui n’avait pas remarqué le réveil de Marek, sursauta. Elle se leva prestement, à l’image des autres personnes de la pièce, esquissa un sourire avant de se renfrogner.
-          Je savais que je n’aurais jamais du te ramener ! Tu aurais été beaucoup moins agaçant endormi au fond de cette grotte ! Sur ce, elle alla se poster devant la cheminer indubitablement vexée.
-          Bonjour Marek. Je m’appelle Roueloïna. Comment vous sentez-vous ?
-          Pas super. J’ai mal au ventre. Et vous ?
-          Bien merci.
La guérisseuse alla palper le ventre de Marek ainsi que d’autres endroits improbables comme les lobes de ses oreilles.
-          Que faites-vous ? s’enquit Marek à moitié intéressé.
-          Je vérifie que vous n’ayez pas de lésions dans votre corps. Vous savez d’où cela vient ? demanda t’elle en indiquant la marque de sa poitrine.
L’homme baissa la tête et fut surpris de découvrir cette espèce de tatouage, il le toucha comme pour vérifier qu’il était bien réel.
-          Et ben ça alors ! Je n’ai jamais eu de telle marque sur moi. Comment ça a pu arriver là ?
-          Je pense que cela est dû à la sphère que vous avez touchée. Mais à vrai dire je n’y comprends pas grand-chose, car vous dormiez depuis des heures, sans vous réveiller malgré toutes mes tentatives. Je pensais que le contact avec l’artefact vous aiderais, mais je ne pense pas que ça ait un lien avec votre rétablissement, car je n’ai senti aucune énergie paradoxale qui…
-          Oh ! par la barbe d’Ouhsabrul ! s’écria le chevalier De Richter. Regardez, moi aussi je suis marqué !
Tout le monde se tourna vers lui avec de grands yeux. Le chevalier avait ouvert sa chemise en flanelle pour découvrir son torse nu sur lequel s’étalait une spirale entourée de points. Vik’ était déjà en train de regarder sous son vêtement et dit d’une voix apeurée :
-          Moi aussi !
-          Vous avez touché la sphère, il n’est pas étonnant que…
-          Non ! la coupa Sir Holric. Moi je l’ai touchée, mais pas Vik’.
-          C’est… troublant, admit la scientifique.
Elle prit alors un visage stupéfié, commença à déboutonner sa chemise avant de jeter un œil désapprobateur aux trois hommes qui la regardaient encore. Marek ferma les yeux, les mains sur le ventre, le chevalier s’excusa et se retourna, seul Vik’ mit un peu de temps à comprendre ce qui se passait pour enfin se retourner aussi en s’emmêlant les pieds et bégayant quelques excuses. Naïa garda fixé ses yeux sur le torse de Roueloïna. Quand elle eut fini de se battre avec le dernier bouton, elles découvrirent toutes deux la marque noire. Leurs yeux se croisèrent alors. Il ne restait plus que la rouquine. Celle-ci se déshabilla également. Et ce fut une surprise. Non parce qu’il y avait une marque, mais parce qu’il n’y en avait point. Les deux femmes gardèrent un air incrédule tout en se recouvrant. La scientifique marmonna aux hommes que c’était bon, et ils la regardèrent avec interrogation.
-          Nous sommes tous marqués, répondit-elle à leur question implicite. Sauf… elle montra du doigt la jeune fille dont elle n’avait toujours pas prit la peine de demander le prénom.
-          Naël… termina Marek ébahi mais pas étonné pour autant, il était presque souriant de voir ses rêves d’aventure devenir réalité.
C’est alors cette dernière qu’on fixa. Elle ne pu qu’hausser les épaules et se rassoir près du feu, le visage de plus en plus fermé.
-          Qu’est ce que cela signifie ? demanda Vik’.
-          Je ne sais pas, fit Roueloïna perdue. C’est totalement incompréhensible. Par Larousse ça n’a aucun sens !
Tous étaient suspendus à ses lèvres. Elle parcourut la pièce du regard et se tapa soudain le front du plat de la main.
-          Je deviens folle ! je dis n’importe quoi !
« C’est maintenant qu’elle s’en rend compte », pensa Naïa. Roueloïna reprit :
-          Rien n’est impossible. Rien n’est inexplicable. Il suffit d’avoir une explication. Et pour ça il faut réfléchir. Je dois réfléchir. Laissez-moi réfléchir. Elle s’assit alors par terre les jambes croisées, les yeux au ciel, le doigt dans la bouche, rendant ses marmonnements inintelligibles.
 
***
 
Marek, qui n’avait pas bougé durant cette épique révélation, se leva enfin. Ce qui se passait depuis son réveil ne lui semblait pas très clair. Tout ce dont il était conscient c’est de la nausée qui le tiraillait. Il décida de sortir rapidement avant qu’il n’y ait un accident. Après avoir parcouru des yeux la clairière où il se trouvait, il remarqua un puits. Il attrapa le seau cordé, près du perron, et le lança dès qu’il fut assez près du trou. Il remonta péniblement le récipient rempli d’eau claire, le posa au bord, et plongea la tête dedans. Quand il releva son visage ruisselant, il fut ébloui par une vive lumière. Si vive, qu’il en perdit l’équilibre et tomba en arrière. Clignant des yeux, il les obligea à regarder la source lumineuse. C’était un homme. En tout cas il en avait la forme, mais dès la première seconde, on savait qu’il était plus que cela. Toute sa peau brillait d’une lueur interne : tantôt vive, tantôt plus pâle, ses yeux blancs sans expression regardant Marek. Son corps était recouvert d’une armure semblant faite d’argent et d’or purs, avec des motifs gravés donnant l’impression de changer en permanence. Marek ne pouvait détacher son attention de cet homme, que dis-je ? de ce demi-dieu venu sur Laubfeux. Aucune autre pensée ne pouvait s’insinuer dans son esprit. La lumière, l’armure, les yeux, la lumière, l’armure, les yeux, il n’existait plus rien au monde…
-          Où est-elle ?
La voix n’avait aucune intonation. Finalement était-ce bien une voix qui avait prononcé ces mots ? Marek n’aurait pu répondre. Il ne pouvait d’ailleurs pas répondre non plus à la question de l’être divin. Celui-ci releva la tête en direction de la chaumière. Une femme aux cheveux flamboyants venait d’en sortir. Ses yeux étaient noirs et ses mains en feu. La créature de lumière voulue s’en approcher, mais aussitôt il fut entouré de flammes. Elles tournoyaient de plus en plus vite l’empêchant de faire un pas de plus. Il essaya de les chasser avec ses mains, avant de les entremêler devant son visage comme dans une extrême concentration. Les flammes perdirent alors de leur intensité puis disparurent. Le regard du chevalier de lumière se reporta sur l’objet de sa quête, celle-ci chancelait. C’est alors qu’un homme aux cheveux noirs s’interposa en brandissant son arme et ordonna de ne plus avancer. Cela importait peu, rien ne pourrait l’arrêter. L’homme se balançait sur ses pieds mal à l’aise devant l’absence de reddition de son adversaire. Que pouvait-il bien faire devant une telle puissance éminemment divine ? Quand celle-ci ne fut plus qu’à un mètre de lui, il en tomba à genoux.
C’est à ce moment, qu’une masse imposante sortit de la forêt dans le dos de la créature lumineuse. A la vitesse de l’éclair, une épée s’enfonça jusqu'à la garde dans le torse de celle-ci, comme si aucune armure ne l’en avait protégée. Elle se retourna alors pour regarder qui avait commis cet affront. C’était un homme large comme une armoire à glace, avec le crane rasé, et un air satisfait sur le visage. L’être divin empoigna alors l’épée, la sortit de son corps et l’envoya loin dans les airs. Elle ne laissa derrière elle aucune marque de blessure, ni dans sa peau ni dans son armure. L’homme déconfit, attrapa la hache qu’il avait dans le dos. Comme son adversaire reposait les yeux sur lui et s’en approchait, il décida de détourner les siens. Il ne mourait pas sans combattre, il ne tomberait pas à genoux, jamais il ne plierait… Il serra derechef le manche de son arme. La lumière se rapprochait de plus en plus. L’homme ferme les yeux et sourit, il décide que la fin ne sera pas pour aujourd’hui. Il regarde alors la créature, et crie en s’élançant vers elle :
-          Pour Berkin !
Il leva les bras le plus haut qu’il put, afin d’abattre sa lame sur la tête de l’être divin. Ce dernier ne fit pas un geste, un humain armé ne pouvait pas plus contre lui qu’un humain à genoux.
 
***
 
Naïa cligna plusieurs fois des yeux, éblouie par la lumière du jour qui filtrait de la porte. Elle se sentait vraiment bizarre, les souvenirs échappant à son esprit, pourquoi était elle allongée ? Marek avait touché un objet qu’il n’aurait pas dû, ce qui l’avait rendu malade… et après ?... Roueloïna ! elle avait réussi à le réveiller… non pas exactement, mais alors quoi ?
Ses mains la brûlaient atrocement et son crâne menaçait d’exploser. Elle essaya de porter une main à sa tête.
-          Dame Naël ? Roueloïna ! Naël s’est réveillée.
Naïa entendit quelques bruits de pas qui sortirent de la maison. Ils revinrent presque aussitôt suivis de deux autres. Des mains la palpèrent. On l’appela :
-          Naël ? Naël ? Faites-moi signe si vous m’entendez.
Mais qui était donc cette Naël dont tout le monde parlait ? Naïa avait l’impression de n’être faite que de coton, son corps, son esprit : rien que de la laine, du brouillard… Elle eut l’impression de retomber dans le sommeil pendant une éternité, mais peut-être que cela n’avait duré que quelques secondes car les mains étaient toujours sur elle à son réveil et la même voix appelait ce nom inconnu. En tout cas, après cette brève inconscience, elle retrouvait ses esprits et se rappela pourquoi on l’appelait ainsi, pourquoi elle avait donné ce nom à Marek plutôt que le sien…
-          J’ai soif, fit Naïa.
-          Oui, je vous apporte de l’eau.
Quelques secondes plus tard on lui tendit un verre d’eau, qu’elle but d’une traite.
-          Encore.
-          Oui, oui.
On lui donna un bol, cette fois.
-          Comment allez-vous ?
Naïa reconnut la voix de Roueloïna. Elle cligna une nouvelle fois des yeux et les ouvrit. Elle vit alors la femme penchée sur elle et Marek debout juste derrière. Elle se rappela vaguement une histoire de marques. De marque qu’elle n’avait pas.
-          Mmmh… ça va. J’ai très soif, et mes mains me brûlent…
-          Ah bah ça c’est pas étonnant ! s’exclama Marek. Après ce que tu as fais.
-          Quoi ? s’étonna Naïa sortant avec peine de sa brume. Qu’ai-je fais ?
-          Vous ne vous souvenez de rien ? demanda Roueloïna.
Naïa plissa les yeux essayant, une nouvelle fois, de rattraper des souvenirs, mais rien n’y faisait. C’était comme si tout dans sa tête avait la consistance du brouillard.
-          Et bien après que Marek sorti, à vrai dire c’est un peu flou…
-          Alors là, faut que je te raconte !
Marek poussa Roueloïna du lit pour s’y installer. Celle-ci ne fut nullement outrée et alla plus loin pour préparer quelque potion imbuvable propre aux bonnes guérisseuses.
-          Donc je suis sorti. Et là, après que j’ai plongé la tête dans l’eau, un homme en armure est apparu. Mais c’était pas un homme, il avait les yeux blancs et sa peau était lumineuse. Je suis tombé à la renverse tellement j’étais surpris. C’est là que tu es apparue ! Waouh ! j’ai eu du mal à te reconnaître. Tes yeux, à toi, étaient devenus tout noirs et tes mains étaient en flamme ! C’était incroyable !
-          Quoi ? l’interrompis Naïa. Et tu espères que je vais te croire ? Roueloïna, vous le laissez me raconter ses salades ?
-          Parce que c’est la vérité, ma chère.
-          Et vous pensez que je vais avaler vos bêtises à tous les deux ? s’exclama-t-elle portant de nouveau la main à son crâne qui l’élançait à chaque battement de cœur.
-          Et bien tu pourras demander au chevalier de Richter et à son écuyer, renchéri Marek. Parce qu’en fait, après être sortie, suivie des autres, tu as fixé la créature de lumière et alors il a été entouré de flammes, mais il les a fait disparaître. Toi tu étais apparemment plus en état de faire quoi que ce soit, alors Holric c’est interposé. Tu aurais dû le voir il avait trop la frousse, il en est même tombé à genoux…
-          Parce que toi tu n’étais pas à terre à ce moment là ? demanda Naïa suivant bien la conversation malgré son état.
-          Euh… c’est pas la question. Parce qu’attends, j’arrive au meilleur de l’histoire ! un homme gigantesque est sortit de la forêt. Il a embroché la créature sur son épée, mais cela n’a même pas égratigné l’armure. Il a alors pris sa hache et lui a fendu la tête en deux. Il y a eu alors un grand flash de lumière, j’ai du fermer les yeux, et après elle avait disparu. Incroyable ! je t’avais dit Naël ! nous sommes des aventuriers maintenant, il n’y a plus de doute ! C’est…
-          Oui Marek, c’est bon je crois qu’elle a compris, dit Roueloïna venant au secours de la pauvre convalescente. Elle doit se reposer et il faut qu’elle avale ça. Veux-tu bien aller dehors avec les autres ?
Marek hésita, il n’avait à l’évidence pas fini son histoire, que la scientifique semblait déjà avoir entendu trop de fois. Mais il se résigna en grommelant et sortit. Roueloïna tendit un bol qui sentait drôlement bon.
-          Tiens régale-toi. C’est un potage aux poireaux.
-          C’est tout ? demanda Naïa sceptique. Pas de plantes bizarres ou d’œil animal ?
Roueloïna rit avant de répondre :
-          Le poireau est très efficace pour restaurer le paradoxe. Ça suffira.
Naïa se mit à boire doucement la boisson fumante.
-          Naël, je te promets que ce que t’a raconté Marek est la stricte vérité. J’en suis autant étonnée que toi. Roueloïna parut gênée avant de poursuivre. L’homme dont a parler parlé Marek, a semblé te reconnaître, il exige de te voir. Nous l’avons tenu au dehors en lui promettant que tu iras lui parler dès que tu pourras. Quand tu auras fini de manger je te conseille d’y aller, il n’a pas l’air… enfin tu verras. Après nous pourrons reparler plus avant des événements de ce matin.
Elle se leva et rangea quelques-uns de ses instruments, si tant est qu’on puisse ranger dans un tel capharnaüm. Mais apparemment la femme de sciences paraissait s’y retrouver, chaque chose semblait avoir une place bien déterminée ne serait-ce que sur un coin de table ou de chaise.
 
***
 
Naïa trempa ses lèvres dans le potage bouillant. Décidant d’attendre qu’il soit un peu plus froid, elle le posa sur la table de nuit, cette dernière encombrée, comme tous les autres meubles, émit un bruit si inquiétant que Naïa préféra, finalement, poser son bol à terre. Elle se rallongea les yeux fermés.
Elle avait vécue beaucoup de choses ces derniers temps, des choses qu’elle n’aurait jamais osé imaginer dans ses rêves les plus fous, ou plutôt ses cauchemars. Mais les révélations de Marek elle ne pouvait les accepter. Qui d’ailleurs serait prêt à croire de telles élucubrations ? En même temps, quel intérêt Marek et Roueloïna auraient ils à lui raconter cela ? Naïa devait elle considérer ces faits comme possibles ? Elle ne trouva pas de réponses à ces questions, et à force de les tourner et retourner dans sa tête, de basculer du refus à l’acceptation et de l’acceptation au refus, elle en avait le vertige et décida de penser à autre chose.
Revenant à sa soupe, Naïa réfléchissait à l’homme qui avait pu la reconnaître. Qui cela pouvait-il bien être ? Peut-être un chevalier du Regaï, mais alors Roueloïna lui aurait sûrement dit, non ? Naïa ne connaissait personne, encore moins d’homme… Quand elle avala la dernière gorgée, une idée folle lui traversa l'esprit. Et si c’était Hakrid ?! Marek avait bien dit que c’était un homme gigantesque ?... Au final, Naïa supposait d’innombrables personnes qu’elle n’aurait absolument pas voulu voir, et une qu’elle désirait voir plus que quiconque. Elle se dit alors, qu’au lieu d’imaginer qui pouvait bien être dehors il suffisait d’aller la voir.
Naïa se leva péniblement. Ses mains étaient très sensibles. Elle les examina : effectivement elles étaient très rouges. Elle s’assit sur le bord de la couche et fit une pause. La tête lui tournait. Elle ferma les yeux et quand elle se sentit mieux, se diriga vers la porte.
 
A peine avait elle mit un pied dehors qu’une voix forte et grave gronda :
-          Toi ! Tu vas regretter ce que tu m’as fait !
Naïa reconnut immédiatement l’homme du marché, à qui elle avait vendu de force sa hache. Il était entouré de Marek et Vik’ prêts à le retenir. L’homme pointait un doigt accusateur sur la jeune fille qui cherchait instinctivement une arme à sa portée, mais elle n’avait rien, même pas son couteau.
-          Je vais te faire ingurgiter ton arme de femmelette, je te l’ai promis !
-          Sir Tolendrin, intervint Roueloïna, j’ai écouté vos revendications tout à l’heure et vous ai promis que vous pourriez voir Dame Naël mais vous ai certifié qu’il vous serait impossible de lui faire ce que vous projetez. Nous pouvons à coup sûr trouver un terrain d’entente ?
L’homme parut réfléchir, évaluer les forces en présence et les possibilités qui s’offraient à lui. Cette action lui imprima deux rides au front qui se prolongeaient sur son crâne rasé.
-          Si elle me rembourse je m’en vais, déclara-t-il en croisant ses bras musclés.
-          Que je vous rembourse ! s’écria Naïa.
-          Exactement.
-          Non mais vous en avez du toupet ! intervint Sir Holric. Si j’ai bien vu, c’est bien sa hache de femmelette qui vous a sauvé la vie ?!
-          Qui « vous » a sauvé la vie. De toute façon, m’en fout. Je veux un remboursement.
Naïa resta pantoise. En même temps c’aurait pu être pire. Le mieux était de se débarrasser de lui au plus vite. Seulement…
-          Comme vous le voyez, je ne suis plus chez moi, je n’ai d’ailleurs plus rien à part les vêtements que j’ai sur moi et ma jument. Je ne peux pas vous payer.
Tolendrin jeta un coup d’œil à l’animal qu’avait désigné la femme.
-          La jument m’ira très bien.
-          Quoi ? Mais non ! jamais je ne vous laisserais l’emmener ! s’exclama Naïa s’interposant déjà entre l’homme et son amie l’air pas commode.
-          Écarte-toi femme ! lui rugit-il.
-          Stop ! Roueloïna s’avança. Combien avez-vous payé cette hache ?
-          50 pièces d’argent.
-          Attendez. Roueloïna entra dans la chaumière pour en ressortir immédiatement. Voici. Elle tendit une bourse de cuir et la vida dans les mains de l’homme.
-          Je ne veux pas de votre argent ! rétorqua Tolendrin. C’est le sien que…
-          J’ai été assez patiente avec vous, c’est ça ou rien. Vous vouliez 50 pièces d’argent, vous les avez. Alors maintenant partez, intima la femme de sciences.
Tout le monde était tendu, incapable de dire un mot ou de bouger devant un tel spectacle incongru. Une femme d’à peine 1m60 donnant un ordre à un géant de deux mètres. En même temps, elle était soutenue par quatre autres personnes. L’homme parut hésiter, puis referma la main sur les pièces et les fourra dans sa poche. Il reprit alors son baluchon sur l’épaule pour retourner en direction de la forêt.
-          Eh ! le héla Marek. Vous n’oublieriez pas quelque chose ?
-          Non.
-          La hache, vous devez la rendre à Naël puisqu’elle vous l’a remboursée.
-          Je n’ai jamais dis ça. Et il disparut dans les fourrés.
Marek fit mine de le suivre mais Roueloïna l’arrêta.
-          N’en ajoutons pas plus. Il y a plus important à faire.
Il posa son regard sur Naïa qui lui fit signe également de laisser tomber.
Naïa, encore sous le choc de ce qui venait de se passer, à la fois parce qu’elle s’en était sortie et ensuite parce que Roueloïna avait payé pour cela, s'approcha d’elle :
-          Merci. Je te réglerais les 50 pièces d’argent dès que possible.
-          Ce n’est pas la peine, répondit elle s’éloignant tristement vers sa maison baroque recouverte d’un tas de coquillages.
Cette femme était vraiment spéciale. 50 pièces d’argent ce n’était pas rien, loin de là, surtout quand on les donne à une inconnue. Naïa devait-elle s’en inquiéter ?
 
***
 
Roueloïna ressortie quelques instants plus tard avec des feuilles de parchemin, elle se mit alors à griffonner frénétiquement dessus, assise en tailleur, sans se soucier des cheveux qui lui tombaient sur le visage.
Voyant Marek qui s’approchait Naïa fit en sorte de trouver une porte de sortie, elle ne supporterait pas d’autres : « Nous sommes des aventuriers ! », « C’est merveilleux ! », « On va vivre de grandes aventures ! », « C’est génial ! ».
-              Désolé Marek, je voudrais parler à Roueloïna.
Elle alla donc s’asseoir près de la scientifique.
Celle-ci ne leva même pas la tête à son approche et Naïa hésita à rompre la concentration de la femme. Elle la regarda remplir ces feuilles de signes incompréhensibles pendant un long moment avant de se décider à engager la conversation :
-              Qu’est ce que vous écrivez ?
-              Ce sont des équations, répondit-elle sans lever le nez.
-              Des quoi ?
-              Une sorte de langage qui permet de manier les mathématiques, outil très utile pour comprendre le monde qui nous entour. Donnez-moi quelques secondes supplémentaires je vous pris.
Sa main glissa encore un peu sur le papier avant de se lever et de mettre brutalement un point final.
-              Et voilà !
-              Alors ? demanda Naïa sans bien savoir pourquoi.
-              En fait, je n’y comprends rien. C’est tout à fait complexe.
-              Oui ça à l’air vraiment compliqué.
-              Non je veux dire que j’utilise des nombres spéciaux appelés complexes. Et malheureusement je ne suis pas une experte dans ce domaine. Tu vois, je devrais trouver les mêmes résultats que dans le calcul que j’ai fais précédemment, mais ce n’ait pas le cas.
-              Ça signifie quelque chose ?
-              Que tes pouvoirs ne sont pas paradoxal, en tout cas pas que.
Naïa tiqua à cette phrase, elle n’avait pas encore repensé aux propos tenus par Marek et Roueloïna, mais son avis sur la question était toujours le même.
-              Je… ne voudrais pas mettre votre parole en doute mais…
-              Je vous assure qu’ils ne peuvent pas être purement paradoxaux ! répliqua-t-elle d’une conviction inébranlable. Les calculs parlent d’eux-mêmes, regardez !
La scientifique approcha son tas de feuilles éparses et Naïa y jeta un œil par réflexe alors qu’elle n’avait jamais étudié un tel langage. Elle releva rapidement les yeux sur Roueloïna.
-              Oui. Euh… Je veux dire, non ce n’est pas ça. Je… comment voulez vous que je crois en des sottises pareilles ?! Je parle du fait que j’aurais des pouvoirs, crut elle bon d’ajouter.
-              Parce que tout le monde vous a vu ! fit-elle étonnée.
La rouquine souffla elle s’attendait à une telle réponse. De toute façon, Roueloïna avait raison, elle ne pouvait pas mettre la parole de quatre personnes en doute. Elle baissa la tête comme abattue. La femme de science en profita pour retourner à ses calculs.
-              Vous croyez que c’est grave ? demanda Naïa comme un enfant ayant fait une bêtise.
-              Quoi ?
-              Bah… que mes yeux deviennent noirs et que je fasse apparaître du feu ?
-              Ça dépend ce que tu appelles grave, mais je ne pense pas.
-              Et vous savez d’où ça peut venir ?
-              J’ai peut être ma petite idée. Cela te dérangerait il qu’on en parle avec les autres ?
-              Euh… non.
-              Très bien, fit Roueloïna.
Elle se leva, un grand sourire au lèvre, réajusta ses lourdes lunettes qui avaient glisser durant son travail, et alla vers Sir Holric de ses petits pas sautillants.
 
***
 
Le soleil arrivait presque à son apogée, quand Roueloïna approcha de Sir Holric qui était en grande conversation – enfin plutôt en grand monologue exposant sans doute encore quelques actes héroïque – avec Vik' qui l'écoutant attentivement.
-          J’aimerais vous parler, dit-elle au chevalier.
-          Moi aussi, répondit-il. Mais je vous en pris commencez.
-          Bien, merci. Je vais chercher Marek.
Ce dernier étrillait son cheval, il laissa la brosse pour rejoindre les autres. Roueloïna leur proposa de s'asseoir sur le banc devant la chaumière afin qu'elle puisse leur faire part de ses réflexions.
-          Voilà, j'ai bien réfléchi. Il y a beaucoup de choses étranges qui se sont passées hier et aujourd'hui. Au début, je pensais que c'était juste une question d'énergie paradoxale, ce qui, même rare, reste compréhensible. Or, le fait est que ça ne concerne pas que le monde paradoxal et nos paradoxes, puisqu'une marque est sur nos fixes. De plus, une entité divine, ou assimilée, a essayé de s'attaquer à nous, et je ne crois pas que ces faits soient une coïncidence, pourtant je n’arrive pas à les relier entre eux. Pour finir, Naël est apparemment douée de facultés dont elle ne connaissait pas l'existence.
« De plus la source de son don m'est inconnue, car l'énergie en présence n’est ni fixe ni paradoxale. Même si j'ai pu reconnaitre, dans les flammes produites, des particules fixes, mais c'est à vérifier. Il faudrait vraiment réitérer l'expérience pour…
-          Vos conclusions Roueloïna, s'il vous plaît, l'intima Naïa à bout de patience.
-          Oui, désolée… Et bien, cette décision me coûte, cependant je crois que nous n'avons pas le choix… Il faut aller en Nashabu. Au palais de Misoto il y a une Université, il s'y trouve une bibliothèque gigantesque et des scientifiques renommés. Je suis sûre qu'on trouvera quelques informations là-bas. Avec un peu de chance nous pourrons rencontrer les Syra'niam, gardiennes des Savoirs Prohibés.
-          Les Savoirs Prohibés ? questionna Marek.
-          Ce que le Nashabu considère comme dangereux ou impur…
-          Et que compter vous trouver là bas ? s’enquit Holric.
-          Bah des informations ! s’exclama-t-elle comme si c’avait été l’évidence même.
-          D’accord, intervint Naïa, mais quelles sortes d’informations ?
-          Et bien, dans cette bibliothèque il y a un grand nombre de livres concernant des sujets très vastes. Il s’y trouve des ouvrages vieux comme le monde, contenant des légendes perdues ou assimilée. J’espère pouvoir consulter ceux évoquant la sorcellerie…
Naïa se leva d’un bond et écarquilla les yeux.
-          Quoi ?! s'exclama la jeune femme. Parce que vous me prenez pour une sorcière ! Non mais vous ne croyez pas que je le saurais si c'était le cas !? Il y a quelque chose que vous ne comprenez pas alors hop ! c'est une sorcière ! Elle va nous transformer en crapaud et sacrifier nos enfants! C'est vous qui, hier, m'avez fait la morale sur l'ignorance des hommes et la peur que ça engendrait, et voilà que vous me traitez de sorcière !
Naïa s’était approchée de Roueloïna durant ses paroles. Elle reprit la voix tremblante :
-          Ma sœur… Je… je ne vous laisserais pas dire de… elle ne put continuer à cause de sa gorge nouée.
Elle s'éloigna rageusement vers l'orée de la forêt, et défoula sa rage sur le premier arbre innocent venu, marcha encore quelques pas avant de s'adosser à un tronc le visage entre les genoux. Il y eut un grand silence, tous se regardèrent à la fois étonnés et attristés. Au bout d'un moment, Roueloïna, même si elle n’avait pas tout à fait compris cette réaction démesurée, décida de se lancer dans la gueule du loup. Elle s'assit en tailleur à coté de la rouquine.
-          Naël, des yeux noirs et des mains en feu, ce n'est pas naturel. Toutes mes explications scientifiques n'y peuvent rien. La sorcellerie est l’une des meilleures explications.
Naïa ne releva pas la tête mais serra les mains autour de ses genoux en signe de désapprobation et de tension extrême. Roueloïna la laissa assimiler cette phrase avant de continuer.
-          Cela étant dit, as-tu lu une once de peur dans mes yeux ? As-tu vu un quelconque dégout dans ceux de Marek. Même Sir Holric a paru jaloux que tu puisses être plus extraordinaire que lui.
Naïa rit malgré elle à cette blague. Elle regarda alors la scientifique, les yeux rouges de larme. Puis fixa un point loin en direction de la forêt.
-          Alors pourquoi avoir mit la sorcellerie dans les Savoir impurs ? demanda-t-elle sur la défensive.
-          Petite gamine qui n'entend que ce qu'elle veut ! J'ai dit que les Nashabus considéraient les Savoirs Prohibés comme impurs ou dangereux. Mais on voit tout de suite que l'on n'a rien à craindre de toi, finit-elle en souriant et caressant une joue de la jeune fille.
Le regard de Naïa se perdit une nouvelle fois dans la forêt, le visage soudain fermé.
 
***
 
Les deux femmes revinrent près du banc. Roueloïna reprit immédiatement la parole :
-          Alors qu'en dites-vous ?
-          Dame Roueloïna, répondit en premier Sir Holric. J'ai passé avec vous que quelques heures, je vous estime déjà beaucoup, et j'espère que nos chemins se recroiseront… Mais il me faut partir ailleurs.
-          Sir… essaya-elle de dire.
-          Une princesse a besoin de moi dans la-Tour-Qui-Gratte-Le-Ciel. Avant tout je suis un disciple d'Ouhsabrul, et je ne peux faillir à mon devoir. Je regrette, mais nous avons déjà perdu trop de temps, nous devons y aller.
-          Vous ne pouvez pas ! insista Roueloïna. Nous aurons peut-être besoin de tous les sujets marqués pour comprendre ce phénomène.
-          Je suis certain qu'une femme de sciences telle que vous trouvera sans peine la solution, même si Vik' et moi ne sommes pas là.
Roueloïna était totalement désemparée, mais avant qu'elle n'ait pu ajouter quoi que ce soit, les deux hommes se mirent en selle et s'éloignèrent.
-          Au plaisir ! salua le Sir Holric de Richter.
-          Au revoir, fit son écuyer.
Et ils disparurent tous deux dans la forêt laissant Roueloïna pantoise.
-          Et ben c'est pas grave! déclara Marek. On n'a pas besoin d'eux pour notre groupe d'aventuriers ! Un combattant, une guérisseuse et une sorcière c'est largement suffisant.
-          Je ne suis pas une sorcière ! s'exclama Naïa. Et Combien de fois je vais devoir te le répéter ! Je ne suis pas non plus une aventurière, et ne fait partie d'aucun groupe. D'ailleurs, moi aussi je m'en vais.
-          Ah ça non ! firent Roueloïna et Marek ensemble.
-          Combien de fois je vais devoir te répéter, commença l'homme imitant Naïa, que je te suivrais partout. En plus, t'as donné ton accord.
-          On n'a pas le droit de changer d'avis ?
-          Non.
Naïa souffla d'agacement et regarda Roueloïna.
-          Je suis obligée de vous suivre moi aussi. Je suis marquée, je tiens à comprendre pourquoi. Où que vous alliez je ne vous perdrais pas de vue. Désolée.
-          Mais pourquoi n'avez-vous pas suivi le chevalier De Richter ? Pourquoi moi ? demanda-t-elle implorante.
-          Parce qu’il y a plus de chances qu’une marque et qu’un chevalier de lumière soient liées à une… personne comme vous qu’à un vulgaire Sir d’opérette !
Naïa regarda les deux personnes tour à tour, évaluant la détermination de chacun. Elle ne pouvait pas vraiment se permettre de s'entourer de trop de personnes, mais avait-elle le choix ?
-          Vous ne laisserez pas tomber ? demanda-t-elle.
-          Je crains que non, répondit la scientifique.
-          Vous me suivrez n'importe où ?
-          Je n'ai pas le choix.
-          Bon alors j'imagine que si j'allais à l’Université du Nashabu cela vous arrangerais ? Et si là-bas vous arriveriez à enlever ces marques, vous me laisseriez tranquille ?
-          Dans ce cas là, oui je vous le jure !
-          Alors on y va. Plus vite je pourrais vous dissuader de me suivre, mieux ça ira. Il me restera plus qu'à trouver un moyen de me débarrasser de lui, finit-elle en désignant Marek qui souriait jusqu'aux oreilles.
-          Puis je vous proposer un déjeuné ? demanda Roueloïna.
Le sourire de Marek réussi alors l’exploit de grandir encore.
 
***
 
Pendant que Naïa boudait dans son coin, Marek s'entrainait à l'épée. En fait, il faisait plutôt quelques moulinets de son bras valide plus qu'autre chose. Cependant, maintenant qu'il était un vrai aventurier il devrait apprendre, peut-être demanderait-il à Renard… Cette fille était vraiment incroyable, mais elle avait très mauvais caractère. Mais bon, même s'il savait s'en servir correctement, une épée rouillée n'était pas de mise pour un héros. Il se promit d'en acheter une dès que possible.
Roueloïna finissait de réunir toutes ses affaires. Il lui en avait fallu du temps pour choisir ce qu'elle allait emmener et ce qu'elle laisserait. C'était la première fois qu'elle partait d'ici depuis son installation, il y avait de cela environ 10 ans. Et elle en avait accumulé du bric-à-brac durant toutes ces années, ils étaient devenus ses compagnons de solitude. C'est pourquoi il était difficile pour elle de devoir les abandonner ainsi. Elle savait que même si elle revenait un jour ce serait dans très longtemps, peut-être ne reviendrait-elle jamais, qui sait comment ils allaient réagir… Il y avait une chose qu'elle ne pouvait de toute façon pas emporter : sa merveilleuse maison qu'elle avait elle-même construite de ses mains au fils des ans. Des larmes coulaient sur ses joues, tandis qu’elle emballait le dernier instrument en verre considéré comme indispensable.
 
Roueloïna sortit un cinquième paquet de la maison et déclara :
-          Cette fois c'est bon !
-          Et vous allez porter tout ça ? demanda Naïa incrédule.
-          Et bien… fit la scientifique avec son air enfantin. C'est que j'espérais que vos chevaux pourraient… peut-être…
-          Pas de problème ma p'tite guérisseuse à moi ! s'exclama Marek. Mets tout sur Tornade, ça ne lui posera aucun problème.
Pendant que Marek installait les sacs sur les flancs de son étalon, Naïa toujours de méchante humeur demanda :
-          Combien de jours de marche jusqu'à la capitale ?
-          Trois semaines à un mois.
-          Quoi ?! C’est pas vrai !
-          Mais ne vous inquiétez pas, j’achèterais un cheval à la première occasion. Ensuite, le plus simple, c’est d’aller à Sumis, à environ deux jours de chevauchés, où nous pourrons prendre un bateau en direction de Misoto, la traversé prenant environ trois ou quatre jours. Enfin, l’Université étant de l'autre coté de la ville qui est on ne peut plus gigantesque, il nous faudra environ deux jours pour l’atteindre. Ce qui fait… (Elle compta sur ses doigts). Sept à huit jours !
-          Et vous n'auriez pas pu le dire tout de suite ?! l'accusa Naïa.
-          Vous ne m'avez pas demandé combien de temps nous allions mettre mais combien il y avait de jours de marche jusqu'à Misoto.
Naïa grogna et monta sur Opale.
Tous étaient prêts à s'en aller en ce milieu d’après-midi, quand un bruit de sabots leur parvint de la forêt. Le chevalier de Richter et son acolyte sortirent du bois.
-          On ne peut pas s'en aller, lança Vik' dès qu'il fut à portée de voix. Une barrière invisible nous retient ! On a fait le…
-          Vik' ! Un peu de politesse, le reprit le chevalier. Excusez-nous de vous déranger, mais, il nous est impossible de nous en aller. Une barrière invisible nous retient ! Nous avons fait le tour de la maison à environ un kilomètre, elle nous encercle.
Tout le monde se regarda incrédule.
-          Et bien, on dirait que c'est de plus en plus étrange cette histoire… dit Marek aux anges.
Roueloïna réfléchissait déjà le doigt dans la bouche, les yeux en l'air.
-          Bon, allons-y. déclara-t-elle le front plissé, je ne peux rien conclure ici. Je dois examiner cette barrière.
 
 
 
FIN DU CHAPITRE 5

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